La liberté

La liberté : un mot, une devise, un droit.

Il parait qu’elle s’arrête où commence celle des autres. Elle s’arrête surtout là où chacun le souhaite. La société impose des règles, des devoirs, des normes. Il faut faire comme ci, penser comme ça. Dès l’enfance. Bien sûr, chacun ne peut pas faire ce qu’il veut sans impunité. Cependant, il est fortement conseillé de rentrer dans des cases : à l’école, puis au travail, sous peine d’être jugé, voire rejeté.

Moi même, longtemps, j’ai respecté ce schéma. Être gentil, sourire aux voisins, faire plaisir à mes professeurs, rechercher la fierté de ma famille. Vous avez vu, j’ai eu une bonne note. Vous avez vu, j’ai passé la tondeuse. Vous avez vu, j’ai eu une mention au baccalauréat. Vous avez vu, j’ai un CDI. L’enfant modèle, qui devient un adulte modèle, en apparence.

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A force de suivre cette ligne droite, on n’y voit plus si clair. Comme sur l’autoroute, au bout de plusieurs heures, avec le régulateur de vitesse bloqué à 130. On somnole, on s’interroge. Ai-je vraiment envie d’arriver à destination à l’heure ? Et si je prenais plutôt des routes secondaires ?

Car, au fond, la réussite professionnelle et familiale, la situation sociale, est-ce le plus important ? Pour beaucoup, oui, sans doute. Et s’il en découle du bonheur, tant mieux. Le CDI, le mariage, la maison pavillonnaire, les deux enfants, le chien, les locations de vacances entre amis… Allez-y, servez-vous.

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Seulement, on peut aussi aspirer à autre chose. Sortir des cases. Prendre des risques, échouer, se relever, voyager, rencontrer, s’amuser, dépenser, s’inquiéter, s’isoler… Parfois blanc, parfois noir, souvent gris : la vie. On n’en a qu’une, elle passe vite, peut s’arrêter du jour au lendemain. Celle des autres, la vôtre, la mienne. Alors, autant rechercher son propre paradis sur terre. Ne pas rêver sa vie, mais vivre ses rêves. Facile à asséner, plus compliqué à appliquer, pour moi le premier.

Et ce qu’en pensent vos « proches »? Ceux qui vous aiment, comprennent toujours. Les autres, qu’importe. Car l’enfer, c’est les autres.

Perché l’Italia ?

Une explication liminaire s’impose. Oui, pourquoi cet attachement à l’Italie, qui sera prégnant lors des prochains articles ? Des origines étrangères ne suffisent pas à faire naître un sentiment d’appartenance. C’est un début, comme passer ses étés chez des grands parents fiers de leurs origines, toujours intéressés par l’actualité de l’autre côté des Alpes, à écouter de la musique italienne, à cuisiner à l’italiana (ah les gnocchi maison, les pâtes du dimanche, les gâteaux…), à soutenir les équipes en Azzurra lors des évènements sportifs. Et quand, en plus, ils vous aiment comme des grands parents italiens (comme si vous étiez merveilleux, à vous gâter d’attention), « l’italianité » s’installe.

Surtout que votre mère, élevée dans cette atmosphère, est una vera « mamma italiana », très présente (mais respectueuse de l’intimité) et trop aimante, à se sacrifier pour vous chaque seconde, à croire que vous pouvez tout réussir. Un amour qui fait déplacer des montagnes, même aussi majestueuses que les Alpes. Du coup, on se surprend à réussir ce que l’on pensait inaccessible, pour elle, grâce à elle.

Donc on s’intéresse au Bel Paese, on est heureux lors de la finale de la Coupe du monde 2006 (si, si, même de la provocation de Materazzi). Et puis, quand on commence à gagner de l’agent, on offre un voyage à sa mamma sur les traces de ses origines. L’acte fondateur de l’homme que je suis. 7 jours à Rome. Mes meilleures vacances. Les siennes aussi, j’espère. On a recommencé, découvrant plusieurs régions. Des moments magiques, uniques. Solo lei, me e l’Italia.

Perché mamma

En ce jour de la fête des mères (en France. En Italie, c’était le 13 mai cette année), les souvenirs remontent. Le manque aussi. Ces derniers mois, j’ai continué à voyager en Italie. Une thérapie, un échappatoire, de la nostalgie… un peu de tout ça. J’y suis allé beaucoup (trop, pense la majorité de mon entourage), passionnément, car j’aime ce pays à la folie.

  • Ses habitants, parfois exubérants, déconcertants (notamment politiquement), mais tellement accueillants et souriants.
  • Sa langue, si chantante, que je ne désespère pas de maîtriser à l’oral.
  • Ses paysages, si majestueux avec un héritage historique incroyable.
  • Sa nourriture, si riche et diversifiée (il n’y a pas que la pasta et la pizza, je vous en reparlerai).
  • Son calcio, si passionné et passionnant. La seconde religion dans ce pays si croyant et aux églises magnifiques.

Alors, certes, j’ai un passeport français, je parle français, je travaille en France, mais ma tête est en Italie et mon sang est azzurro.

Italia, ti amo