La liberté

La liberté : un mot, une devise, un droit.

Il parait qu’elle s’arrête où commence celle des autres. Elle s’arrête surtout là où chacun le souhaite. La société impose des règles, des devoirs, des normes. Il faut faire comme ci, penser comme ça. Dès l’enfance. Bien sûr, chacun ne peut pas faire ce qu’il veut sans impunité. Cependant, il est fortement conseillé de rentrer dans des cases : à l’école, puis au travail, sous peine d’être jugé, voire rejeté.

Moi même, longtemps, j’ai respecté ce schéma. Être gentil, sourire aux voisins, faire plaisir à mes professeurs, rechercher la fierté de ma famille. Vous avez vu, j’ai eu une bonne note. Vous avez vu, j’ai passé la tondeuse. Vous avez vu, j’ai eu une mention au baccalauréat. Vous avez vu, j’ai un CDI. L’enfant modèle, qui devient un adulte modèle, en apparence.

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A force de suivre cette ligne droite, on n’y voit plus si clair. Comme sur l’autoroute, au bout de plusieurs heures, avec le régulateur de vitesse bloqué à 130. On somnole, on s’interroge. Ai-je vraiment envie d’arriver à destination à l’heure ? Et si je prenais plutôt des routes secondaires ?

Car, au fond, la réussite professionnelle et familiale, la situation sociale, est-ce le plus important ? Pour beaucoup, oui, sans doute. Et s’il en découle du bonheur, tant mieux. Le CDI, le mariage, la maison pavillonnaire, les deux enfants, le chien, les locations de vacances entre amis… Allez-y, servez-vous.

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Seulement, on peut aussi aspirer à autre chose. Sortir des cases. Prendre des risques, échouer, se relever, voyager, rencontrer, s’amuser, dépenser, s’inquiéter, s’isoler… Parfois blanc, parfois noir, souvent gris : la vie. On n’en a qu’une, elle passe vite, peut s’arrêter du jour au lendemain. Celle des autres, la vôtre, la mienne. Alors, autant rechercher son propre paradis sur terre. Ne pas rêver sa vie, mais vivre ses rêves. Facile à asséner, plus compliqué à appliquer, pour moi le premier.

Et ce qu’en pensent vos « proches »? Ceux qui vous aiment, comprennent toujours. Les autres, qu’importe. Car l’enfer, c’est les autres.

Perché l’Inter ?

En France, l’étiquette de « footix » est collée dès que l’on se dit supporter de plusieurs équipes ou d’un club de football étranger. Certes, la culture foot en France est très en deça des pays voisins. On change de couleurs en fonction des dominations (Lyonnais dans les années 2000, Parisiens désormais), on supporte le Barça parce qu’il y a Messi… Et, effectivement, croiser une personne avec le bas de survêtement de Manchester United et le haut du Real Madrid, par exemple, est assez exaspérant. Même si, bien entendu, chacun est libre. Et que je suis mal placé puisque je soutiens le FC Internazionale Milano.

Alors, avant un procès en footixerie (que j’accepte), je tiens justement à démontrer que le critère géographique n’est pas toujours prioritaire dans l’attachement. Pour une équipe sportive comme pour une personne, d’ailleurs. On n’aime pas forcément ses voisins alors qu’on peut avoir des amis à l’autre bout du monde, que l’on voit rarement.

Un maillot

Donc, perché l’Inter? Je ne vais pas revenir sur mon attachement familial et sentimental à l’Italie. Ma grand mère m’a offert un maillot nerazzurro lorsque j’avais 5 ans. Mon premier maillot de football d’un club. Un choix dicté par le hasard (ou le destin, peut-être). Elle avait demandé au vendeur le maillot d’un club italien, elle l’a trouvé beau avec les rayures bleues et noires ; l’Inter est alors entré dans ma vie. Et un lien s’est créé. J’ai commencé à suivre les résultats tout en usant ce maillot à m’imaginer footballeur professionnel (Ah, les rêves d’enfance).

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Pendant mon adolescence, par la proximité, j’ai surtout fréquenté le stade Chaban-Delmas (ex parc Lescure) de Bordeaux, alors l’Inter était au second plan. Mon jardin secret, toujours dans un coin de mon coeur, bien au chaud. A m’extasier des exploits de Ronaldo, à fulminer devant les succès du rival, l’AC Milan. Et puis les Nerazzurri ont eu leur période faste, aidé par le Calciopoli qui a notamment fait tomber la Juve en Serie B. 5 scudetti de suite et une saison historique en 2009-2010 ponctuée par le Triplete (Serie A, Coppa Italia et Champions League) qu’aucune autre formation italienne n’a jamais réalisé. Bref, des hauts, des bas, des frustrations (c’est dans l’ADN de ce club).

Une histoire

L’Inter, c’est aussi une histoire. Fondé en 1908 par des dissidents du club de Milan (ancêtre de l’ACM) pour permettre aux étrangers de jouer, ce qui leur était refusé. Une période difficile sous le fascisme – le club n’ayant pas les faveurs du pouvoir – et un changement de nom (Ambrosiana en hommage à Sant’Ambrogio, le saint patron de Milan) de 1928 à 1945.

La révolution Herrera (avec deux Coupes des clubs champions en 1964 et 1965), et un trio de joueurs défensifs ayant marqué les époques : Facchetti, Bergomi, Zanetti. Et la famille Moratti à la présidence dans les périodes fastes : Angelo de 1955 à 1968 puis son fils Massimo (1995 à 2013). Désormais sous pavillon chinois (comme l’AC Milan), l’Inter est en reconstruction. Ce qui n’empêche pas d’avoir la meilleure affluence en Serie A, le championnat italien.

Un stade

L’Inter, c’est aussi un stade, partagé avec l’AC Milan : le mythique San Siro (ou Giuseppe Meazza, son nom depuis 1980 en hommage à l’ancien attaquant). D’ailleurs, mon affection pour ce club s’est accélérée en 2015. Premier match à Meazza. Le stade, un joyau, l’ambiance, un spectacle. Son surnom de la Scala del calcio n’est pas usurpé. Je suis réellement devenu tifoso!

Depuis, j’y ai pris mes habitudes, vivant même le derby de la Madonnina à deux reprises lors de la saison qui s’est achevée. J’ai poussé la passion à aller encourager l’Inter lors de son dernier match à Rome, face à la Lazio, décisif pour la qualification en Champions League. Une folle soirée, dans la lignée de ce club, surnommé Pazza Inter, folle Inter (et son hymne Amala, pazza Inter, qui me donne des frissons avant chaque match).

Je revendique donc le droit d’être supporteur exclusivement de ce club, même si je suis souvent à 1000 km de Milan (mais à seulement 1h40 d’avion). Chacun ses passions, ses contradictions, ses amours. Allora, per me, c’è solo Inter.

Sunshine Blogger Award

Le Sunshine Blogger Award (que j’ai découvert très récemment), c’est une manière de donner la parole aux blogueurs et blogueuses à travers des questions pour sortir de leur univers et parlez d’eux.
Le principe : la personne nommée doit répondre à 11 questions et poser à son tour 11 nouvelles questions à 11 blogueurs et blogueuses.  Mon blog étant tout nouveau et ayant passé très peu de temps dans cet univers, je me nommerai personne (bouh). Mais je poserai onze questions à la fin. Et si tu as envie de répondre, et bien je te nomme d’office 😉
Je remercie Arzu pour sa nomination au Sunshine Blogger Award. Et surtout, foncez sur son blog venivedivenise parce que ses articles sont excellents dans les divers thèmes (voyages en solo pour les femmes, Italie, freelance…) qu’elle aborde. Et surtout, en plus de bien écrire, elle est sympa, joviale, pleine de bons conseils.

Voici mes réponses à ses questions.

1 D’où vient le nom de ton blog ?

Un jeu de mot avec mon nom, sa définition italienne. Et ce blog étant « mon canal de diffusion », è Canale mio, come Canale 11 per esempio.

2 Quel article as-tu préféré écrire jusqu’à maintenant ?

Mon blog est très récent mais « Perché Italia? » m’a fait du bien, replonger dans des souvenirs.

3 Comment t’organises-tu pour rédiger tes articles ?

Quand j’ai le temps et l’envie, je me lance. J’écris tous les jours dans mon travail, avec des contraintes parfois. Donc je vois ce blog comme une récréation, parler de mes passions, de mes activités, d’une humeur, sans contrainte… J’écris très vite. Un premier jet que je peaufine ensuite. Comme dans ma profession, en fait. Je crois en l’inspiration et au travail. Donc l’un après l’autre.

4 Aime-tu voyager en solo ? Pourquoi ?

J’adore. Je me sens libre. Ce n’est pas de la misanthropie, mais j’aime me retrouver en tête à tête avec moi-même pour réfléchir et faire ce dont j’ai envie. Rencontrer des personnes. Ou pas. Bouger. Ou pas.

5 Es-tu plus sac à dos ou valise ?

Plutôt valise. J’aime le confort, un lit douillet plutôt qu’un sac de couchage.

6 Apprends-tu quelques mots dans la langue du pays à chaque fois que tu voyages ?

Certo! Je voyage principalement en Italie, pays de mes origines, et je progresse ainsi dans cette magnifique langue. Mais j’ai encore du chemin à faire à l’oral.

7 Quelle a été ta plus grande surprise (positive ou négative) en voyage ?

Je me suis découvert une capacité d’adaptation rapide que je n’avais pas en France, où j’avais besoin de repères. Désormais, très vite, je me sens bien, je prends mes marques. Je n’ai pas peur d’arriver dans une nouvelle ville, sans plan ni infos. Le matin, je prends le train et je visite, à mon rythme.

8 Si tu ne devais voyager que sur un seul continent, lequel choisirais-tu ?

L’Europe car je n’ai pas une attirance pour les pays lointains, même si découvrir le Japon, l’Inde ou le Brésil par exemple ne me déplairait pas. Je préfère « mon » Italie, si vaste, si riche, si belle. J’aime aussi aller en Espagne de temps en temps. Je ne voyage pas en France en revanche.

9 Pourrais-tu vivre dans l’un des pays où tu as voyagé ? Pourquoi ?

Je pourrais et j’aimerais vivre en Italie. L’avenir le dira. Mais comme on est maître de son destin…

10 Quelle est ta destination de rêve ?

La Lombardie. Sa capitale, Milan. Ou Bergame pour le côté cocon (je vois cette ville comme ça, calme, douce) et sa magnifica città alta. Il faut vivre ses rêves, ce que je fais souvent 🙂

11 Quel est ton meilleur conseil voyage ?

Ne pas trop préparer son voyage. Il faut quelques infos, des adresses mais il faut surtout laisser une part à l’inconnu. On s’immerge réellement dans une culture en sortant des tracés touristiques (plein de touristes, forcément) au profit d’endroits peut-être moins « cotés » mais plus authentiques. Rater un musée, une place. Et alors? N’est-ce pas plus agréable de côtoyer des locaux, dans un petit jardin, un bar, une ruelle?

Alors, comme expliqué au début, je triche et je ne nomme personne plutôt que 3, 4 noms. Désolé de rompre la chaîna. Mais allez-y en commentaires ou sur votre blog si vous souhaitez répondre à mes questions.

1 Pourquoi avoir créer un blog ?

2 Combien de temps y passes-tu par semaine?

3 Quel est le sujet qui te passionne en priorité, à l’écrit et en lecture?

4 Un livre, un film ou une chanson qui t’as profondément marqué?

5 Tu voyages combien de semaines par an en moyenne?

6 Si tu devais emmener un seul objet sur une île déserte ?

7 Si tu devais vivre dans une ville ou pays que tu as visité? Et pourquoi?

8 Suis-tu l’actualité de ton pays lorsque tu voyages à l’étranger?

9 Un animal, un objet ou un symbole qui te caractérise ?

10 La première chose que tu fais lorsque tu arrives sur ton lieu de vacances?

11 Des vacances réussies, c’est…

Au plaisir de te lire, d’échanger.

A bientôt

Perché l’Italia ?

Une explication liminaire s’impose. Oui, pourquoi cet attachement à l’Italie, qui sera prégnant lors des prochains articles ? Des origines étrangères ne suffisent pas à faire naître un sentiment d’appartenance. C’est un début, comme passer ses étés chez des grands parents fiers de leurs origines, toujours intéressés par l’actualité de l’autre côté des Alpes, à écouter de la musique italienne, à cuisiner à l’italiana (ah les gnocchi maison, les pâtes du dimanche, les gâteaux…), à soutenir les équipes en Azzurra lors des évènements sportifs. Et quand, en plus, ils vous aiment comme des grands parents italiens (comme si vous étiez merveilleux, à vous gâter d’attention), « l’italianité » s’installe.

Surtout que votre mère, élevée dans cette atmosphère, est una vera « mamma italiana », très présente (mais respectueuse de l’intimité) et trop aimante, à se sacrifier pour vous chaque seconde, à croire que vous pouvez tout réussir. Un amour qui fait déplacer des montagnes, même aussi majestueuses que les Alpes. Du coup, on se surprend à réussir ce que l’on pensait inaccessible, pour elle, grâce à elle.

Donc on s’intéresse au Bel Paese, on est heureux lors de la finale de la Coupe du monde 2006 (si, si, même de la provocation de Materazzi). Et puis, quand on commence à gagner de l’agent, on offre un voyage à sa mamma sur les traces de ses origines. L’acte fondateur de l’homme que je suis. 7 jours à Rome. Mes meilleures vacances. Les siennes aussi, j’espère. On a recommencé, découvrant plusieurs régions. Des moments magiques, uniques. Solo lei, me e l’Italia.

Perché mamma

En ce jour de la fête des mères (en France. En Italie, c’était le 13 mai cette année), les souvenirs remontent. Le manque aussi. Ces derniers mois, j’ai continué à voyager en Italie. Une thérapie, un échappatoire, de la nostalgie… un peu de tout ça. J’y suis allé beaucoup (trop, pense la majorité de mon entourage), passionnément, car j’aime ce pays à la folie.

  • Ses habitants, parfois exubérants, déconcertants (notamment politiquement), mais tellement accueillants et souriants.
  • Sa langue, si chantante, que je ne désespère pas de maîtriser à l’oral.
  • Ses paysages, si majestueux avec un héritage historique incroyable.
  • Sa nourriture, si riche et diversifiée (il n’y a pas que la pasta et la pizza, je vous en reparlerai).
  • Son calcio, si passionné et passionnant. La seconde religion dans ce pays si croyant et aux églises magnifiques.

Alors, certes, j’ai un passeport français, je parle français, je travaille en France, mais ma tête est en Italie et mon sang est azzurro.

Italia, ti amo