La tête dans tes nuages

Je sais maintenant pourquoi j’aime autant prendre l’avion. A chaque fois que je traverse les nuages, j’ai l’impression de me rapprocher de toi, en quête d’un irrationnel espoir de te voir, te parler, t’embrasser. Juste un instant à nous, le temps en suspension, le cœur en lévitation, avant d’atterrir en ce bas monde…

Auguri réussi avant le derby pour les 1nter1st1

 

111 ans. Le compte n’est pas rond, mais cet anniversaire correspond bien à l’Internazionale Milano : la « pazza Inter ».

111 ans, fêtés le 9 mars exactement. Le lendemain, la réception de la SPAL, un dimanche après-midi printanier, n’était pas le plus beau paquet cadeau. Une équipe qui ne fait pas rêver mais qui est souvent difficile à manoeuvrer avec ses trois défenseurs centraux. Elle a par exemple gagné à l’Olimpico contre la Roma à l’automne.

Plus de 60 000 tifosi avaient garni San Siro pour cette rencontre, la seconde « Inter club » de la saison, où tous les clubs de supporters sont conviés (avec des réductions).

Une belle affluence et une chaude ambiance avec une chorégraphie organisée pour vêtir tout le stade de nerazzurro avant le coup d’envoi. Et un code sur les réseaux sociaux 1NTER1ST1 : Un hashtag ingénieux.

Le premier public d’Italie était encore une fois au rendez-vous, malgré une période compliquée sur le terrain et en coulisse. Trois matches sans victoire (à l’extérieur, toutes compétitions confondues), une troisième place lâchée au cousin milaniste et le psychodrame Icardi sans solution. 28 jours sans le numéro 9 avec chaque matin dans les journaux, chaque soir à la télévision un nouvel épisode. Un tweet, un post Instagram, un commentaire de Wanda, femme et agent de l’ex capitaine interiste, une réaction de Beppe Marotta, nouvel administrateur délégué du club. Tout est romancé, extrapolé.

Icardi pas à la fête

Avant la rencontre, Marotta a poursuivi l’apaisement : « Il y a un grand optimisme, maintenant le bon sens de tout le monde est nécessaire. » Icardi, muet la veille alors que la plupart de ses partenaires ont souhaité un joyeux anniversaire au club sur les réseaux, n’est pas venu. Contre le Rapid et la Sampdoria, il était en tribune avec son épouse. « Je ne dirai rien. Vous faites vos histoires, la réalité est autre », a lâché Spalletti à l’issue de la partie. 

Huit jours et trois matches à San Siro pour sortir de la grisaille et rêver à une fin de saison ensoleillée. Ce dimanche, l’Inter avait une partie importante, bloquée entre l’aller et le retour du 8e de finale d’Europa League. Jeudi, il faudrait gagner à domicile (0-0 à l’aller) face à l’Eintracht Francfort pour continuer l’aventure européenne. Et ce, à trois jours du derby retour. Si loin, et déjà dans toutes les têtes.

Face à la Spal, 16e à l’orée de cette 27e journée de Serie A, Spalletti devait donc faire sans son meilleur buteur, qui se contente de physiothérapie et de tapis roulant, mais aussi Nainggolan (blessé), Vecino (suspendu), Keita et Perisic (diminués et sur le banc). D’Ambrosio et Skriniar, sous la menace d’une suspension pour le derby, étaient remplaçants. Lautaro Martinez, également à un carton jaune de la suspension, était présent d’entrée, faute de combattant à son poste (il sera suspendu jeudi en Europa League, comme Asamoah). 

Les Nerazzurri ont eu des difficultés, comme souvent, à faire le jeu. Lautaro, le seul à faire des différences, à néanmoins « gâché » un contre. Le « Toro » s’est aussi vu refusé un but magnifique après intervention de la VAR pour une main préalable (32e). Les sorties sur blessures de Brozovic (cuisse droite) juste avant la pause  (41e) puis de Miranda (nez) à la mi-temps ont encore ajouté des soucis de gestion à Spalletti. La Spal a aussi eu quelques opportunités. De quoi nourrir les sifflets des #Inter1nt1 à la mi-temps. 

Nouvel anniversaire pour le derby

La domination de l’Inter a été récompensée par une belle frappe de Matteo Politano (67e). Une ouverture du score validée après une longue vérification à la vidéo. Une reprise de volée de Roberto Gagliardini  à dix mètres de Viviano (2-0, 77e) a clos le suspense. Deux buts des internationaux italiens. Pas si fréquent dans la très internationale formation milanaise.

Le stade s’est vite vidée, la célébration des joueurs avec le public a été mesurée. Trois points suffisants pour maintenir à distance les deux clubs de Rome, l’Atalanta et le Torino afin de rester dans la zone qualificative pour la prochaine Champions League.

Sans briller ni même rassurer, voilà l’Inter à une longueur de l’AC Milan, qui recevra la manche retour de derby della Madonnina ce 17 mars (20h30). A l’aller, Icardi avait débloqué la situation d’une tête qui avait fait chavirer les trois-quarts de San Siro dans le temps additionnel (1-0). Une époque qui semble si lointaine…

« Au début, nous devions faire mieux. Nous avons le feu à l’intérieur, malheureusement, parfois, il se transforme en une flamme, à réagi Spalletti en conférence de presse. Après le but, Gagliardini a changé de façon de jouer. Il a eu une autre conviction, lui et le reste de l’équipe, qui m’a plu sur cette fin de match. Notre objectif est la victoire avec l’union de tous. Si vous ne ramenez pas le résultat à la maison, tout devient plus compliqué. Cette intention doit être perçue par tous « .

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En tout cas, les Nerazzurri fêteront un autre anniversaire. Les 20 ans de partenariat avec Nike. Pour l’occasion, un maillot collector sera porté. Il rassemble des morceaux de plusieurs tuniques de la période. Un mashup pour un rendu particulier. Et un quatrième maillot commercialisé cette saison. S’il ne plait pas à tout le monde, sa place dans le coeur des tifosi interisti sera en partie déterminée par le résultat. La victoire illumine les souvenirs : du match, comme du maillot.

Pagelle Inter:

Handanovic 6

Cédric : 6

De Vrij : 6,5

Miranda 6

Dalbert : 6

Asamoah : 6

Brozovic : 5,5

Gagliardini: 6

Politano: 7

Joao Mario : 6

Lautaro : 7

Candreva : 6

Ranocchia : 6,5

Borja Valero : 6

Spalletti: 6,5 Première période sans idée de son équipe. Le passage au 3-4-3 en seconde période a correspondu au réveil. Il n’a pas pu relancer Keita comme il l’espérait à cause des blessures en première période. Bilan positif : 3 points en économisant Skriniar, D’Ambrosio et Borja Valero. Il n’y aura pas de suspendu lors du derby.

Mon premier derby della Capitale, une soirée céleste

Le derby della Madonnina, le derby della Lanterna, le derby della Mole… L’Italie a ce charme qui manque au football français, des vrais oppositions entre deux clubs d’une même ville, qui se partagent souvent le même stade (sauf à Turin).

Dans ce jeu des suprématies locales, un match sort du lot dans le Bel Paese, le derby della Capitale. Plutôt bon esprit, malgré des tensions, à Milan, Gênes et Turin, la confrontation est bouillante à Rome. L’antagonisme entre les deux sociétés est plus marqué. On ne prononce pas le nom de l’autre, même au sein de la communication… La Lazio utilisant le hashtag #LaPrimaSquadraDellaCapitale, rappelant sa création dès 1900 contre 1927 pour l’AS Roma. Mais les Giallorossi menaient 54-37 dans l’historique en championnat (58 nuls).

Match classé à haut risque, marqué par de nombreux débordements entre tifosi, au point d’avoir été privé de programmation en soirée pendant quelques années (de 2013 à 2017 récemment).

Quel clasico?

Ce 150e derby della Capitale en Serie A avait bien lieu à 20h30, en conclusion d’un joli samedi ensoleillé. Si je connais l’Olimpico, aussi bien en configuration Lazio que Roma, je n’ai jamais vécu le « derby der Cupolone » (autre appellation).

Mon calendrier personnel m’offrait la possibilité de passer ce samedi à Madrid pour découvrir le Clasico ou à Rome pour un premier derby della Capitale. Un choix vite fait pour le tifoso de Calcio que je suis.

Alors, après une promenade en passant par mes endroits préférés, loin des touristes venus passés un week-end à Rome, je prenais le metro, puis le tram. Descente à Mancini.

Choisir son camp

Plus d’une heure trente avant le coup d’envoi, l’atmosphère est tendue à l’extérieur du stade. Les forces de l’ordre sont partout. Les tifosi des deux équipes ont leurs bars, leurs paninerie, leurs boutiques. À Milan, on peut acheter des écharpes ou des (faux) maillots des deux équipes au même stand aux abords de San Siro. Pas à Rome, il faut choisir ses couleurs.

Je reste neutre, sans signe d’appartenance et me faufile entre les chants, les pétards qui explosent. Je choisi una porchetta dans un fief Laziale, mon cœur est 51-49 pour les biancocelesti, je le reconnais. Si des débordements, notamment racistes, touchent parfois ce club, je ne fais pas de généralité. C’est une minorité, qui ternit l’image d’ensemble. Tous les clubs, en Italie et ailleurs, ont leurs démons parmi les « supporters ». J’aime la ferveur des Laziali, leurs chants, l’aigle qui tourne dans le ciel avant de venir se poser au milieu de la pelouse et leurs couleurs qui permettent souvent de proposer de beaux maillots.

La sécurité ne fait pas de zèle. La fouille est moins poussée que pour un derby della Madonnina. Je suis en Monte Mario, un secteur plutôt « calme ». Il y a même deux Romanisti deux rangés plus bas. Ils n’ont pas d’écharpe, mais leur comportement les « trahit ».

L’Olimpico n’est pas plein. La billetterie pour Tevere et Distinti Sud n’a pas été entièrement ouverte. Secteurs réservés, vente sous conditions (cartes de fidélité, pas sur Internet pour certains secteurs), tarifs… Le derby di Roma rassemble 50 000 personnes en ce 2 mars. Une bonne affluence dans l’histoire récente mais loin des « grands derbys ».

Qu’importe, les deux Curve mettent l’ambiance. Chants, insultes, petites banderoles. Mais pas de chorégraphie comme à Milan par exemple où les tifosi travaillent durant des semaines, des mois, à un tifo original pour afficher son orgueil et « chambrer » le cousin.

Un Olimpico en délire

La Roma, 5e et vainqueur à l’aller, se déplace donc chez la Lazio, 6e. Un parfum de lutte pour la Champions League flotte dans l’air. Un simple additif à la suprématie sur la ville, remise en jeu à chaque derby. La rencontre est agréable. La Lazio mérite d’ouvrir le score, avant de davantage subir en seconde période.

La délivrance est arrivée par Immobile, diminué mais entré pour apporter sa détermination. Un but dédié à son épouse qui attend un heureux événement. Puis l’explosion sur le but de Cataldi, également lancé en seconde période par Simone Inzaghi.

Le Mister de la Lazio est un spectacle à lui tout seul. Placé presque derrière sa zone technique, j’ai pu le voir bondir, haranguer ses joueurs, les féliciter, leur parler, les toucher, les congratuler à leur sortie. Il transpire la passion.

Victoire sans appel. 3-0, la seconde fois de l’histoire du derby en Serie A qu’une telle différence est en faveur de la Lazio après 2006 (déjà 3-0). Les joueurs fêtent ce succès devant la Curva. La liesse dure plusieurs minutes.

Un pur délire. Vingt minutes après le coup de sifflet final, les tifosi laziali sont toujours « freed from desire » dans un Olimpico qui est tout à eux. La sécurité essaye avec le sourire d’évacuer les tribunes. Mais la seule réponse est Nanana Nanana. Une belle conclusion pour une soirée de Gala…

Pazzia e bellezza

Lorsque je sors du stadio Olimpico, il est presque 23 heures. Les Romanisti se font rares. Certains sont en train de manger un panino, de boire une bière, le regard dans le vide, les mots manquent.

Au contraire, la fête s’est poursuivie dans la città eterna jusqu’au bout de la nuit pour les biancocelesti. Un pur bonheur, tra pazzia e bellezza. Qu’importe la fin de la saison, le classement final, la ville est à eux pour quelques mois. Une città celesta. Et mon cœur de Romain épisodique est un peu plus biancoceleste après cette soirée qui « restera dans l’histoire de la Lazio » dixit Simone Inzaghi.

Un baptême réussi. Je suis converti à la religion derby della capitale. Amen.

  • Une vidéo résumant ma soirée à l’Olimpico.

La fête des tifosi à Ponte Milvio (vidéo di site La Lazio siamo noi) : lien ci-dessous.

https://www.dailymotion.com/video/x73f93t

En bonus, le tube de Gala et un des hymnes des supporters de la Lazio, freed from desire, que j’ai dans la tête et dans les oreilles dans le train alors que j’écris ces lignes.

Le derby della Madonnina, un jour à part à Milan

La Madonnina, qui trône fièrement au sommet du Duomo de Milan, est célébrée deux fois par an, au moins, par les supporters de la cité lombarde. Ses deux équipes, rivales depuis 1908, s’affrontent pour le derby della Madonnina aussi appelé Derby di Milano. Cette 169e édition en Serie A était très attendue.

Avec la trêve internationale, cet Inter-Milan a occupé les médias italiens pendant deux semaines. Tous les sujets y sont passés. Les comparatifs entre les effectifs, les deux clubs – l’Inter chinoise contre le Milan désormais sous pavillon américain -, les histoires passées, les interviews des anciens, même un comparatif des wags, les femmes des joueurs.

Le 21 octobre arrivé, la ferveur était à la hauteur en ville, centre névralgique d’un jour du Calcio.

Milan, capitale économique de l’Italie, la bourse, les grandes entreprises, le quartier de la mode : Prada, Versace, Dolce & Gabbana sont chez eux. Une histoire riche et une modernité clinquante qui se conjuguent. Porta Nuova, à quelques pas de corso Como et de Brera en est l’illustration. Des travaux – toujours en cours – qui subliment cette zone.

Les deux clubs de la ville sont entre ces deux courants. Un passé glorieux, un présent à (re)construire, pour s’imaginer un avenir radieux. Alors que la Juventus écrase le championnat depuis sept ans, l’Inter vient tout juste de ramener la Champions League à Meazza. Cinq années de diète. C’était Milan à l’époque.

Chambrages et flocages

Des maillots Nerazzurri et Rossoneri partout dès le matin. Un Duomo pris d’assaut par les Milanais et les touristes. Les boutiques des deux clubs, situés à quelques mètres de la célèbre place, ne désemplissent pas. Les flocages se font à la chaîne. Icardi, Nainngolan, Higuain, Romagnoli… Comme chez les glaciers, il y en a pour tous les goûts.

Même engouement dans le métro. La ligne mauve entre chants et discussions se remplit à mesure que le compte à rebours s’égraine. Les « Forza Milan » et « Forza Inter » s’échangent, avec des provocations, des sourires.

L’Inter avait la supériorité numérique un peu partout. L’avantage d’être à la maison pour la manche aller et la dynamique récente (l’affluence des Nerazzurri à domicile était supérieur de 14 000 personnes en moyenne cette saison avant le match).

Pour trouver des billets, il ne reste que le marché noir. Depuis un moment, le stade est annoncé comble. 78.275 spectateurs pour une recette de 5.027.166 euros. Avant la partie, le trésorier de l’Internazionale pouvait déjà se frotter les mains, en pensant à un total comparable lors de la venue du Barça, le 6 novembre, en Ligue des Champions.

Le soleil, timide en ce dimanche, quitte la scène. San Siro, de loin, en sortant du métro ou du tramway, est encore plus beau dans l’obscurité. Il semble prêt à décoller. Écharpe souvenir à 10 euros et/ou panino porchetta, les stands ne désemplissent pas autour. La queue est vertigineuse à chaque porte pour entrer dans l’arène, toujours dans un climat bon enfant.

Histoire de famille

Justement, les familles sont nombreuses. Les parents avec deux, trois enfants, parfois de moins de 5 ans. En Italie, le virus se transmet dès le plus jeune âge, en allant au stade. Il arrive qu’un maillot rossonero se glisse dans une famille nerazzurra et inversement. Rébellion temporaire ou amour éternel pour le voisin, qu’importe. Le ballon rond rassemble pour un jour. Pour toujours.

La partie, en revanche, n’a pas marqué le retour des derbys d’antan, souvent haletant, lorsque les deux équipes luttaient pour le titre. L’Inter a dominé sans désarçonner une timide formation milanaise. Près de 60% de possession, une ligne de récupération haute. Même la blessure de Nainggolan au bout de 30 minutes n’a pas déréglé la machine de Spalletti, plus agressive, ambitieuse. Il a manqué un peu de réalisme (transversale de De Vrij) et de précision dans les derniers gestes pour voir l’Inter prendre le contrôle.

Et alors que l’on se dirigeait vers un rare 0-0 (qui fut le score au retour chez la « casa Milan » lors du précédent exercice), les Nerazzurri ont arraché la décision dans les derniers instants. Un centre de Vecino mal jugé par Donnarumma et Icardi est venu délivrer les siens (92e). Sa cinquième réalisation face aux Diavoli. Et déjà le septième but interiste marqué dans le dernier quart d’heure cette saison !

Ce 33e succès des Nerazzurri en 89 derbys « à domicile » (pour 26 défaites et 30 nuls) n’est pas le plus beau dans le jeu, mais, par son dénouement, il restera marquant, pour les tifosi de cette Pazza Inter. Les supporters de l’AC Milan se sont éclipsés, laissant leurs meilleurs ennemis exulter de longues minutes avec leurs joueurs, puis en descendant les tours du stade, pour quitter le quartier de San Siro. Et rentrer chez soi, ou se retrouver dans un bar pour fêter ça.

Biscione contre Diavolo

Un match vraiment à part à vivre en tribunes. Ce n’était pas mon premier derby della Madonnina. Mais c’est tout comme. Le charme ne se dissipe pas. San Siro n’est pas surnommé la Scala del calcio pour rien.

Des tifos sublimes des deux Curva. Au Nord le Biscione, un des symboles de la ville de Milan, a la langue tendue apeurant trois diablotins. Et la réponse de la Sud avec un Diable qui découpe un serpent, le biscione interiste. Puis des chants, deux fausses joies avec des buts refusés pour hors-jeu jusqu’à cette folle dernière minute…

Je vous propose de revivre en vidéo l’ambiance de ce classique du football italien.

Ça continue le lendemain

Ce lundi matin, au travail, à l’école, au café, le derby a continué à alimenter les discussions. Avant de prendre mon train, j’ai souri en regardant un marchand de journaux mimer la sortie de Donnarumma à un client. Il maudissait le jeune Gigio. Son compère, encore avec l’écharpe noire et bleue autour du cou, portée comme une médaille, pointait le réalisme de son Capitano, ému aux larmes après son but.

Oui, il y’a beaucoup de chambrage, parfois quelques insultes, mais au fond, ce n’est que de l’amour pour le foot et cette ville aux deux clubs protégés par une même Madonnina. Ce 21 octobre, elle était nerazzurra. Rendez-vous le 17 mars 2019. Pour le 170e. Et tout recommencera, comme la première fois.

Mauro Icardi va enfin voir les étoiles

« E quindi uscimmo a riveder le stelle » – Et dès lors, nous sortîmes revoir les étoiles – est le dernier vers de l’Enfer, la première des trois parties de la « Divine Comédie » de Dante Alighieri. Après avoir traversé le boyau naturel qui relie l’Enfer à la plage du vestibule de l’Enfer, Dante et Virgile admirent le ciel étoilé de l’autre hémisphère : « Un pur bonheur du regard ». Une phrase ayant inspiré la campagne d’abonnement de la saison de l’Inter au slogan éloquent: A riveder le Stelle. Oui, les Nerazzurri vont revoir les étoiles de la Ligue des Champions ce mardi soir (18h55) à San Siro après six saisons d’attente et une élimination sans gloire en 8e de finale en 2012 contre Marseille.

Une entrée dans la compétition particulièrement attendue par Mauro Icardi. A 25 ans, l’attaquant argentin va enfin se frotter aux sommets européens. L’occasion pour lui de régler un débat lancinant sur sa place dans la hiérarchie des buteurs contemporains.

À ce sujet, le week-end de Serie A a été cruel pour le capitaine interiste. Durant cette trêve internationale de septembre, la presse italienne a pointé une anomalie : Ronaldo, Higuain et Icardi, annoncés comme trois des candidats au titre de meilleur buteur de Serie A, n’avaient toujours pas trouvé le chemin des filets après trois journées. Dimanche, CR7 s’est offert un doublé contre Sassuolo (2-1), Pipita a marqué à Cagliari (1-1). Et Maurito? Muet face à Parme samedi après-midi. Revenu jeudi des États-Unis, il est entré à la pause (remplaçant pour la première fois depuis janvier 2016) alors que les Nerazzurri ne trouvaient pas la solution. Il n’a pas changé le scénario. 9 ballons touchés et une occasion gâchée. Maigre…

L’Inter s’est même inclinée (0-1) sur une frappe de Dimarco, produit de la formation interiste et trimballé chaque été dans un nouveau club. Une deuxième défaite en quatre journées qui fait désordre pour un candidat au podium, surtout juste avant de retrouver la Ligue des Champions…

Le néant en Europe…

Justement, samedi matin, la Gazzetta dello sport, dans son supplément hebdomadaire Sportweek, a comparé le bomber de l’Inter (qui affichait son torse tatoué en Une) avec les références en Europe. Les dix meilleurs en course lors de cette C1, écartant notamment Dzeko et Lukaku de la liste. Et cette question, Icardi est-il un buteur de Champions? A la lecture, outre des profils variés et souvent plus complets que l’Argentin, Suarez, Falcao, Agüero, Lewandoski, Cavani, Costa, Kane, Firmino, Benzema, sans parler de Ronaldo (meilleur buteur de l’histoire), ont tous un bilan positif (voir le tableau en fin d’article). Cette absence en Ligue des Champions est souvent reprochée à Icardi. Cependant, Harry Kane, Roberto Firmino et Romelu Lukaku, de sa génération, étaient aussi inexistants ou presque sur la prestigieuse scène européenne il y a un an. Ils ont inscrit respectivement 7, 10 et 5 buts la saison passée pour vraiment s’installer dans le paysage.

Autre point, le jeu. Icardi est un attaquant à l’ancienne, qui a besoin d’un collectif qui tourne autour de lui, qui travaille pour le servir dans la surface où il est souvent chirurgical. Installé seul en pointe depuis des années, il décroche peu, touche en moyenne une vingtaine de ballons dans le match.

… mais au paradis en Serie A

Seulement, en championnat, les chiffres parlent pour lui : 110 buts en 193 rencontres de Serie A. L’Argentin fait le bonheur des Lombards depuis 2013. Il a été l’artisan majeur de la 4ème place avec 29 buts la saison passée, capocannoniere avec Ciro Immobile. Le Laziale partage d’ailleurs ce manque de reconnaissance hors de la Botte (4 buts en 10 matches de C1 et 7 buts en 33 sélections). Coupes comprises, Icardi a même inscrit 107 buts en 185 parties sous le maillot interiste. Dont 6 en 15 rencontres d’Europa League, son seul vécu continental, sur deux saisons.

Le numéro 9 souffre dans son parcours de la perte de rayonnement de l’Inter. Après six ans de diètes, les Nerazzurri sont donc à nouveau invités à la table des grands. Et le buffet est royal. Barcelone (5 Ligues des champions), PSV Eindovein (1 coupe des champions et 1 coupe de l’UEFA) et Tottenham (1 Coupe des coupes et 2 coupes UEFA).

L’Internazionale, trois Coupes aux Grandes oreilles dans ses vitrines et dernier vainqueur italien de la Champions League, en 2010, la saison du Triplete. Une éternité. Depuis, le club a changé de propriétaire: Moratti a cédé son fauteuil à Thohir en 2013, après 18 années de gestion. L’Indonésien a vendu, en 2016, 70% de ses parts au groupe chinois Suning, tout en gardant (au moins jusqu’à octobre prochain) la présidence. Le club est en restructuration, les déficits sont en réduction, les sanctions du fair-play financier devraient s’arrêter en juin 2019, les recettes ont ainsi doublé en un an sous l’impulsion de la holding de Zhang Jindong.

Mais une chose est stable sur ces derniers exercices : Mauro Icardi est l’étoile intériste. Il culmine en tête des ventes de maillots, même si Radja Nainggolan est venu le concurrencer cet été. Leur relation, à peaufiner, est censée être au cœur du jeu offensif de Spalletti. Le Belge, ardemment désiré par le technicien toscan, est le plus expérimenté de l’effectif en Champions League (24 parties). Un peu de vécu acheté cet été (aussi 21 matches pour Asamoah, 12 pour Vrsaljko, 6 pour Keita).

Au purgatoire en Argentine

Mauro Icardi est-il prêt à passer ce dernier palier cette saison? Son entame discrète intrigue alors que tout semblait réuni pour qu’il soit en forme. Un été à se reposer, une préparation suivie (juste quelques alertes musculaires) et il n’a pas agité le mercato, malgré une clause de départ jusqu’à mi-juillet à 110 millions qui aurait pu ouvrir l’appétit du Real Madrid ou de la Premier League. Son épouse-agent Wanda Nara négocie même une prolongation de contrat (pour passer de 5 à 7 ou 8 millions par saison jusqu’en 2023).

Résultat, on l’a vu, aucun but en 3 matches (225 minutes). Son pire début de championnat depuis qu’il joue en Italie. Il a même manqué le seul succès de la Beanamata à cause d’une fatigue musculaire avant la partie à Bologne (0-3, le 1er septembre).

Dans la foulée, il a aussi été dispensé du premier match de l’Argentine (3-0 contre le Honduras) puis a disputé 85 minutes face à la Colombie (0-0, 12 septembre). Une cinquième sélection en cinq ans et toujours pas de but avec l’Albiceleste, l’autre bémol de sa carrière. Il a carrément été “oublié” de 2013 à 2017, payant notamment sa relation avec l’ex femme de Maxi López, qui a fait polémique. Il s’était même fait tatouer sur le bras les prénoms des trois enfants que Wanda Nara a eu avec Lopez. Les compatriotes qui avaient partagé l’attaque de la Sampdoria en 2012-2013. Chacun a changé de club pendant l’été. Puis un tweet en octobre 2013 où Icardi avait déclaré publiquement sa flamme pour la modèle…

Depuis, ils affichent un parfait amour et ont eu deux enfants. « Ma relation avec Wanda n’est un sujet qu’en Argentine, s’était plaint l’attaquant en 2016. En Italie, il y a déjà trois ans que si on parle de moi, c’est pour ce que je fais sur le terrain. En Argentine, ils cherchent la merde… Ils ne disent pas : « Regarde ce jeune qui met tant de buts ! », ils disent : « Regarde, c’est celui qui est avec Wanda Nara… Celui qui a foutu la merde en volant la fiancée de son ami. » » Pas totalement parano Mauro. Exemple avec Diego Maradona qui n’a cessé de l’attaquer avec des sorties du genre : “ Je ne parle pas des traîtres.”

Ainsi, malgré sa meilleure saison, il n’a pas été retenu pour le Mondial 2018 en Russie par Sampaoli. Cette fois, il aurait surtout payé son style de jeu qui ne conviendrait pas Lionel Messi… Pourtant, Icardi, natif de Rosario comme Leo, a passé une partie de sa formation à Barcelone et grandit en Espagne. Sa famille avait quitté l’Argentine en crise économique pour les Canaries en 2002, alors qu’il avait 9 ans. Maurito a flambé avec les jeunes de Vincidario pendant six ans au point d’être repéré par le Barça et intégré à la Masia. 38 buts en deux saisons avec la canterà blaugrana.

Mais en janvier 2011 Guardiola, qui ne lui avait pas donné sa chance, a accepté sa cession à la Sampdoria. L’Argentin, aux origines piémontaise, ne fera qu’un bref passage dans la Primavera génoise. Il finira la saison en première. Deux matches de Serie B puis la révélation en Serie A en 2012-2013 avec 10 buts, à tout juste 20 ans. L’Inter aura du flair (ce qui n’a pas souvent été le cas à cette époque) et déboursera 13 millions d’euros pour l’acquérir. Un premier but en nerazzurro lord du derby d’Italia pour marquer les esprits (1-1 à Mezzza le 14/09/2013).

Surtout 22 réalisations la saison suivante (meilleur buteur avec Luca Toni) et le brassard lors de l’été 2015, à 22 ans. Une jolie prolongation lors de l’été 2016 et cette déclaration : “Mon désir est de faire une carrière à l’image de celle de Javier Zanetti, Francesco Totti ou Paolo Maldini. Mais je ne peux rien promettre… » Habile.

L’enfer en 2016 avec les tifosi nerazzurri

S’il est aujourd’hui le joueur le plus applaudi au Meazza, tout n’a pourtant pas été rose entre Icardi et les supporters. En octobre 2016, le divorce semblait même consommé. Dans son autobiographie, “Toujours de l’avant”, sortie à… 23 ans, l’avant centre a raconté un incident qui l’aurait opposé à l’un des chefs de la curva nord de San Siro, le 1er février 2015 après une défaite contre Sassuolo. « J’enlève mon maillot et mon short pour l’offrir à un enfant. Un homme lui arrache des mains et me le relance avec dégoût. J’avais envie de le frapper pour son geste de bâtard. Je l’ai insulté. » Plus explicite, il poursuivait : « J’étais prêt à affronter les supporters un par un. Ils ne savent pas que j’ai grandi dans un des quartiers avec le plus fort taux de criminalité en Argentine. Ces supporters sont 50 ? 100 ? 200 ? Pas grave, je leur ramène une centaine de criminels argentins pour les tuer ici à Milan. »

Réponse de la Curva Nord : « En ce qui nous concerne, sa mission ici est finie. (…) Ce livre est ridicule, mensonger et horrifiant. Il nous décrit comme des gens menaçants gravitant autour du club, ce qui prouve que quelque chose ne va pas dans sa tête. Pour nous, Icardi est un jeune idiot, comme beaucoup de joueurs de son âge, mais un bon gars au fond. Simplement, un individu de la sorte ne mérite pas d’être capitaine de l’Inter.« 

Les tifosi avaient enchainé avec une une banderole d’insulte lors du match contre Cagliari (1-2), puis avaient attendu l’Argentin devant son domicile avec un nouveau message : « On est là. Quand tes amis argentins arrivent, tu nous préviens ou tu nous la fais en traître ? » Même Javier Zanetti, légende intériste désormais vice-président, n’était pas venu au secours du Capitano: « Pour nous, les tifosi sont ce qu’il y a de plus important et tout le monde doit les respecter. » Au purgatoire, le joueur avait tenté de déminer le terrain sur Instagram : « Être capitaine est un rêve d’enfant et ce que je cherche, c’est vos accolades après que j’ai marqué un but.»

Si cet épisode est une cicatrice indélébile pour certains membres de la Curva Nord, le temps et les buts ont pansé les plaies auprès du peuple nerazzurro. Il lui reste donc à briller en Ligue des Champions et permette à l’Internazionale d’aller au paradis en sortant indemne de ce groupe de la mort. Certains promettent l’enfer à Mauro Icardi, qui est très discret médiatiquement. Il évite les interviews. Exemple encore ce lundi : Vecino et Skriniar ont accompagné Spalletti au point presse. Comme si son parcours l’avait convaincu que « l’enfer, c’est les autres » pour reprendre l’écrit de Jean-Paul Sartre dans la pièce de théâtre « huit clos ».

La Scala du calcio ne sera pas à huit clos ce mardi soir. 70 000 personnes sont attendues à San Siro pour encourager Icardi et ses partenaires face aux Spurs. A lui de jouer et de marquer pour enfin mettre (presque) tout le monde d’accord.

Gino le “Juste”

Le journaliste italien Alberto Toscano a publiè ce printemps « Un vélo contre la barbarie nazie », retraçant une page peu connue de la vie du champion cycliste Gino Bartali.Alberto Toscano (70 ans) est « le plus français des journalistes italiens » comme on le présente souvent. Son histoire avec la France a débuté en 1977.Alberto Toscano CRÉDIT PHOTO : ARMAND COLIN

Docteur en sciences politiques, il travaille comme chercheur à l’Istituto degli studi di politica internazionale (ISPI) à Milan. Il va alors effectuer un stage de neuf mois au CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes), à Paris, grâce à une bourse « journalistes en Europe », dirigé par Hubert Beuve-Méry et Philippe Viannay. Toscano se lancera dans une carrière de journaliste en 1983, travaillant pour les journaux « Rinascita » puis « l’Unita » (classés extrême gauche) avant de devenir correspondant en France pour « Italia Oggi » et d’autres médias de la Botte.Indépendant à partir de 1994, il est devenu une voix incontournable de l’Italie dans les médias français. À la retraite depuis trois ans, il continue à intervenir avec parcimonie, notamment sur LCI et Europe 1.

Il est chevalier de l’Ordre national du Mérite de la République française et chevalier de la République italienne. « Un honneur d’être reconnu par les deux pays pour mon travail », glisse-t-il, sans vouloir se glorifier. Alberto Toscano consacre un livre à Gino Bartali (1914–2000), le champion cycliste, vainqueur du Tour de France en 1938 et 1948, du Giro d’Italia, en 1936, 1937, 1946 et héros de la résistance. Ce dernier point est au coeur de « Un vélo contre la barbarie nazie », son sixième ouvrage en français, sorti juste avant le début du 101e Giro d’Italia, qui rendait hommage à « Gino le Pieux ».

Pourquoi avez-vous écrit ce livre dont Gino Bartali est le personnage central ?

Alberto Toscano. J’ai constaté que l’histoire de Gino Bartali durant la Seconde Guerre mondiale n’était pas très connue en France. Il y a un an et demi, j’ai écrit un long article pour le mensuel « Historia ». Puis, on a appris que le Giro 2018 partirait de Jérusalem (trois étapes ont eu lieu en Israël), en mémoire de Gino Bartali (reconnu « Juste parmi les Nations » en 2013 pour avoir sauvé plus de 800 Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a été fait, le mercredi 2 mai, citoyen d’honneur du mémorial de Yad Vashem). La maison d’édition (Armand Colin) m’a proposé de faire un livre sur le sujet. Je me suis lancé avec enthousiasme.

Vous décrivez aussi l’Italie de l’époque…

Oui, j’ai cherché une clé particulière car de nombreux livres ont été consacrés à Gino Bartali, mais souvent de façon romanesque pour présenter ses exploits sportifs. J’ai donc mêlé la narration de son parcours de cycliste et d’homme à l’histoire de l’Italie. Avec notamment les lois raciales fascistes de 1938 qui sont assez méconnues en France où encore la persécution des juifs particulièrement vive en 1943–1944. C’est aussi un traité d’histoire, sur l’histoire de l’Italie pendant la Seconde Guerre mondiale et sa reconstruction. J’ai voulu alterner les passages sur Gino Bartali – sa vie de sportif, pendant la guerre – et les crises politiques pour que ce ne soit pas trop intense.

Vous détaillez notamment l’année 1938, marquée par le titre de champion du monde de football de la Squadra Azzurra et la victoire de Bartali sur le Tour de France. Des succès qui semblent différents ?

Le fascisme utilisait le sport comme moyen de propagande. Et à l’époque, le cyclisme est plus populaire que le foot. Le Tour de France, disputé par des équipes nationales, était une épreuve vénérée en Italie. Les footballeurs ont été des marionnettes du régime. Ils faisaient le salut fasciste, expliquaient qu’ils avaient gagné grâce au Duce, plein d’idioties de ce genre. Au contraire, Gino Bartali fut l’un des rares sportifs à ne pas prendre la carte du parti fasciste. Il faisait le signe de croix quand il gagnait et il n’a jamais eu le moindre mot en faveur de Mussolini ou du régime.

Malgré tout, vous démontrez qu’une partie de la presse italienne, et notamment la Gazzetta dello Sport, rattachait les succès de Bartali au régime…

Oui, les victoires de Bartali étaient présentées comme la preuve de la supériorité de la race italienne… Bartali ne pouvait pas l’empêcher. Il était Italien, donc il gagnait pour l’Italie, sinon, il aurait dû s’exiler. Après la guerre, on a retrouvé des dossiers de la police secrète fasciste qui avait donné l’ordre à la presse de parler du sportif mais pas de l’homme car il était opposé au régime.

D’ailleurs, les titres d’articles de la presse italienne mais aussi française sont très présents tout au long du livre.

Dans mes recherches, je me suis appuyé sur la presse des deux pays de l’époque. Pour montrer les différences mais aussi certaines manipulations. En 1938, la presse proposait des titres dithyrambiques sur la visite d’Hitler en Italie, en occultant totalement l’attitude de Pie XI, qui avait quitté Rome pour ne pas être dans la même ville qu’Hitler.

Le plus marquant est le comportement de Gino Bartali pendant la Seconde Guerre mondiale. Pouvez-vous l’expliquer ?

J’explique comment l’Italie est arrivée à une occupation par les Allemands, avec la rafle du ghetto de Rome en octobre 1943 où plus de 1000 juifs italiens ont été déportés au camp de concentration d’Auschwitz. On voit un miracle, les Juifs et les Catholiques se rassembler pour sauver une population. Il y avait 47 000 juifs italiens. En Toscane, un réseau clandestin « Delasem » se met en place, animé par la communauté juive et par le cardinal de Florence, Elia Angelo Dalla Costa, pour cacher des juifs dans des couvents et pour leur procurer des faux documents d’identité. Gino Bartali va faire jusqu’à 400 km à bicyclette par jour pour acheminer des faux papiers, cachés dans le guidon ou la selle, vers les couvents de la région où les juifs sont protégés. Il prétexte des entraînements et utilise sa popularité pour contourner les contrôles. Il aurait pu rester tranquillement chez lui, en famille. Il a décidé de se mettre en danger.

Pourquoi n’a-t-il jamais voulu en parler publiquement, même lorsque ça s’est su dans les années 80 ?

Il a voulu le garder pour lui, c’était son intimité. J’en ai parlé à ses deux fils encore en vie, Luigi et Bianca Maria (son troisième fils Andrea est décédé en 2017), qui ont été témoins d’allusions. Gino disait qu’il avait juste fait son devoir. C’était aussi un respect pour ceux qui ont perdu la vie. Ce n’est pas un cas unique. Oskar Schindler n’a jamais voulu être mis en avant. Primo Levi a écrit sur sa déportation à Auschwitz pour témoigner, mais ne s’est jamais glorifié. Gino Bartali disait que les médailles qui comptent sont celles que l’on reçoit lors de la vie éternelle. Il était un catholique dévoué à Sainte-Thérèse de Lisieux. Il allait à l’église chaque matin avant le départ de l’étape, il priait encore sur la ligne. Il avait une foi catholique qui en était même naïve.Gino Bartali pose avec son épouse Adriana Bani et leurs deux premiers fils Andrea et Luigi Bianca en 1960. CRÉDIT PHOTO : ARMAND COLIN

Pour revenir au sportif, Gino Bartali signe un autre exploit en 1948. Il remporte le Tour alors que l’Italie est en plein chaos. Ce qui semble l’avoir transcendé ?

Il a reconnu qu’il n’aurait pas eu la même stratégie de course s’il n’y avait pas eu l’attentat (le 14 juillet, jour de repos sur le Tour, le leader communiste Palmiro Togliatti est touché par gravement balles. Il survivra, NDLR). Le Premier ministre Alcide de Gasperi téléphone à Gino Bartali, qu’il a connu à l’Action catholique, et lui fait comprendre que l’Italie a besoin de joie, de calme, qu’il doit gagner le Tour pour calmer les esprits. Il est à plus de 20 minutes de Bobet au général. Il gagne trois étapes d’affilée et remporte le Tour avec 26 minutes d’avance. Et il a 34 ans. Un exploit guidé par sa foi catholique et sa croyance en des valeurs comme l’amitié envers de Gasperi et le patriotisme. Il a inspiré l’optimisme.

Vous présentez l’Italie de l’Après-guerre sous le spectre de trois couples rivaux. Les politiques Palmiro Togliatti et Alcide de Gasperi, les personnages de cinéma Don Camillo et Peppone, ainsi que les cyclistes Fausto Coppi et Gino Bartali. Est-ce une parabole envers l’Italie contemporaine ?

J’ai essayé de décrire la mentalité italienne à travers ces trois couples, qui se disputaient mais savaient se rassembler, malgré leurs divergences, pour le bien de tous. L’Italie d’aujourd’hui a besoin de retrouver de la confiance, une atmosphère positive. On traverse une zone de turbulences (l’Italie n’a pas de gouvernement depuis les élections, début mars, NDLR). Les leaders politiques actuels sont-ils capables de dépasser leurs querelles personnelles, d’oublier leurs ambitions et de s’allier pour le bien de la nation? J’en doute, il faut de l’intelligence et de la sensibilité pour y arriver sur la durée.

Est-ce un livre à part dans votre bibliographie ?

Oui. Pour plusieurs raisons. J’aime le sport mais je ne suis pas journaliste sportif. J’ai effectué énormément de recherches, visionné des documentaires, des interviews, rencontrer du monde. Je me suis passionné pour cet homme. Et puis, cela faisait écho à l’histoire de mon père qui avait été persécuté et qui avait perdu son travail à cause des lois raciales. Notre famille, qui était juive, s’était convertie trente ans plus tôt pour des raisons d’ordre privé. Mais on restait des juifs pour les fascistes. Ce livre m’a pris cinq mois, à me lever à cinq heures du matin. C’est mon sixième ouvrage en Français, le plus difficile à écrire et celui dont je suis le plus fier. Il est pour le public français mais j’espère qu’il sera traduit et publié prochainement en Italie.

Genova mia

Cara Genova,

Longtemps, je t’ai suivie de loin avec l’appréhension de t’approcher. Oui, tu me fascinais mais je te craignais. Marcher sur les traces de ses ancêtres n’est pas anodin. Surtout quand ils ne sont plus là pour vous guider. Il me reste quelques bribes d’anecdotes de mon grand-père. Mais en bon immigré intégré, il n’aimait pas revenir sur le passé transalpin familial, cette époque si rude avec le Duce. Et le choix de chercher le bonheur ailleurs. Ou juste d’assurer un avenir à sa famille. L’enfant, qui écoutait parfois d’une oreille en tapant dans le ballon, a grandi en laissant s’évaporer ces rares moments qui maintenant, j’en ai conscience, étaient précieux.

Alors, je te tournais autour, Firenze, Torino, Milano… Je t’ai même effleuré un jour, en passant à La Spezia. C’est certain, j’aurais pu faire un saut pour te saluer. Prendre la température. Mais je trouvais toujours une échappatoire. Pas le temps, une autre fois… C’est si simple de s’inventer des excuses.

Et puis, un jour, j’ai eu besoin de te connaître. Te voir, te sentir, te toucher. Le pesant est devenu urgent. Été 2018, à tout juste 30 ans, les cloches ont sonné. Le moment de faire le grand saut.

Et je n’ai pas été déçu. Tu n’es pas comme les autres. Ton centre historique médiéval, l’un des plus grands d’Europe, ton port avec son aquarium, ta côte à n’en plus finir, et ta courbe qui monte, qui monte, pour mieux de contempler depuis les hauteurs de Righi.

Cependant, tu es plurielle, ma chère.

Oui, tu es du Nord, tu as cette prestance, tes quartiers chics et leurs magasins de luxe comme à la via Roma, tes jardins reposants, tes palais sublimes, tes bords de mer paradisiaques, Boccadasse (en photo) et Nervi à quelques minutes en bus ou en train.

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Mais tu es aussi du Sud. Si, si. Tes ruelles sombres, aux odeurs suspectes, aux commerces délabrés, aux murs abîmés avec le linge qui sèche un peu partout. Je connais moins le bas de la Botte. Peut-être que je me trompe, mais, par moments, tu m’as fait penser à Napoli, que j’ai rencontré un an plus tôt avec passion.

En fait, tu es un condensé d’Italie. Tes arcades sublimes qui longent les rues pour se retrouver aux piazze, tes églises modestes ou majestueuses mais toujours authentiques, tes osterie bruyantes et accueillantes avec leurs trofie al pesto à 5 euros, ta population loquace, accueillante, souvent bienveillante même avec un « francese » qui fait plein de fautes en essayant de parler comme Dante. Mais qui sourit. Et ça, les Italiens apprécient.

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Tu es déstabilisante.

Il suffit de tourner dans une rue pour changer d’atmosphère. Tant mieux. Car avant de te connaître, j’aimais déjà l’Italie. Toute l’Italie. Ses qualités, ses défauts. En plus, tu peux l’avouer maintenant, tu as tout fait pour me séduire. Six jours dignes d’une lune de miel. Du soleil en continu, des découvertes et des ballades sans la moindre encombre, des bons repas, des soirées s’étirant autour de l’aperitivo. Je n’ai pas vu le temps s’écouler.

Du coup, je me suis concentré sur toi, repoussant tes amies des Cinque Terre avant de partir à la rencontre d’autres coins du Bel Paese. Je suis comme ça, infidèle. Je picore. Je te l’ai dit, j’aime toute l’Italie. Mais je reviendrai. Pour découvrir d’autres secteurs de la Liguria. Et pour te revoir. Car, désormais, tu es une partie de moi. Concrète, palpable. Mes racines ont trouvé leur terre.

Je suis sûr que nonno aurait été fier de savoir que l’on se connaît, que l’on s’apprécie. Il le sait, peut-être… Grâce à toi, j’ai beaucoup pensé à lui, à nonna et bien sûr à mamma. Alors, si tu les vois passer dans ton ciel bleu comme un songe, embrasse-les pour moi.

Grazie, Genova. Ti amo.

Mise à jour (15 août) : Depuis cette lettre, écrite sur un coup de tête, un après-midi où la nostalgie m’a entraîné jusqu’à une terrasse ensoleillée pour voyager dans mes émotions, tu as été meurtrie. Un mois après mon passage. Un pont qui cède, des innocents qui perdent la vie. Des familles brisées, un traumatisme national. De loin, mon cœur s’est serré. J’aurais voulu être là, même si je n’aurais servi à rien. Une souffrance m’a transpercé, mes pensées se sont figées sur toi, tes habitants.

On cherche des coupables. Les politiques, la société privée qui gère l’autoroute. Il aurait fallu faire ci, ou ça, plus tôt… Toujours si facile après.

Bien sûr, ce drame doit servir d’alarme. L’Italie se laisse vieillir. La belle endormie doit se réveiller, se rénover, pour retrouver toute sa beauté.

Toi, Genova, tu vas panser tes plaies. Tu es forte, tu vas te relever et continuer à avancer avec fierté.

Mon ami « Rafa »

Rafael Nadal a remporté Roland-Garros. Tête de série numéro 1, il a survolé le tournoi 2018, ne perdant qu’une manche. Onze sacres en quatorze éditions. Une habitude qui ne doit pas diluer la valeur de l’exploit. Ses trois absences : 2009, 2015 et 2016. Dans l’ordre, Soderling (en huitièmes de finale), Djokovic (en quarts) et son corps (abandon au 3e tour) ont stoppé son hégémonie. On a eu le fougueux taureau de Manacor à ses débuts, en bermuda et polo sans manches. On a désormais le posé trentenaire des Baléares, cheveux plus courts, tenue classique et sourire omniprésent. Son oncle Toni est toujours à ses côtés. Carlos Moya a rejoint, en 2017, un staff d’amis fidèles.

Son jeu a aussi évolué avec le temps, au gré des blessures. Toujours excellent en défense, le gaucher sait davantage abréger les points, varier les effets. Il a gardé son pont fort, le coup droit (notamment lasso) et a amélioré son revers, sait venir au filet, pour devenir un joueur complet.

D’ailleurs, Rafael Nadal, ce n’est pas que Roland-Garros et la terre battue. Il a aussi été le roi de l’Open d’Australie (1), de Wimbledon (2) et de l’US Open (3). Dix-sept couronnes du Grand Chelem (2e dans l’histoire). Et quatre Coupe Davis. Et deux médailles d’or aux Jeux Olympiques (en simple en 2008 et en double en 2016, avec Marc López).

RN Versus RF

La légende de Nadal se nourrit également de sa rivalité avec Roger Federer. L’une des plus belles de l’histoire du sport. 20 titres du Grand Chelem pour le Suisse, 37 à eux deux depuis 2003 et neuf finales (6 à 3 pour l’Espagnol) souvent sublimes. Comme celle de l’Open d’Australie 2017, qui marquait le retour des deux aux cimes du tennis.

Une opposition de style. Le talent contre le travail. Chacun son camp. Comme l’équipementier à la virgule, j’ai décidé de ne pas choisir. Pour caricaturer, je suis autant admiratif de la classe de Federer que de l’abnégation de Nadal. Les deux ont su se réinventer pour revenir au sommet alors que les deux challengers qui se sont immiscés dans l’histoire éprouvent des difficultés : Djokovic se cherche et Murray est porté disparu.

Les deux champions sont devenus amis, rendant ce duel encore plus beau. Alors que les footballeurs Ronaldo et Messi, par exemple, sont dans un respect entremêlé d’ignorance. Ou chacun regarde le salaire de l’autre pour demander une énième augmentation.

Yannick Noah (« la potion magique » en 2011 dans Le Monde) ou Roselyne Bachelot (en 2016 à la télévision) ont évoqué le dopage, pour expliquer les performances de Nadal. Ils ne sont pas les seuls… Il n’a jamais été pris. Donc comme pour les autres, dans tous les sports, optons pour la présomption d’innocence.

Nadal en vrai

Nadal m’a accompagné alors que je révisais mon baccalauréat (merci, pour le 14 en Espagnol), puis il a garni mes mois de juin d’étudiant. Prendre de ses nouvelles est une bonne raison de faire un pause au travail, désormais.

Surtout, j’ai vu « Rafa » sur le court. Deux jours d’affilée, lors du tournoi de Rome, en mai 2018. Il a battu Djokovic en demi-finales et Zverev en finale. Deux générations, deux styles. Les deux parties ont été accrochées par moments, mais l’Espagnol a toujours pris le dessus avec calme et autorité.

L’observer est envoutant. Le voir sur sa chaise, avec ses bouteilles ; éviter les lignes blanches lorsqu’il regagne le terrain ; avoir deux serviettes, une de chaque côté pour s’éponger après chaque point, même un ace ; nettoyer la ligne de fond de court à la fin d’un jeu ; sa routine au service ; sa façon de serrer le point, de s’encourager. Certains se moquent de ses « tocs », je trouve au contraire admirable de garder ses habitudes, pour être dans son monde, malgré les quolibets, imposer son rythme sur le court et entre les points, malgré les remarques.

Et après, le voir consoler sa victime, remercier le public en italien avec une gentillesse qui semble si sincère, répondre aux questions avec modestie.

On lui promettait une carrière courte. A 32 ans, il est numéro 1 mondial. Sera-t-il toujours là dans 4 ans, comme Federer qui sait se gérer pour régner encore à 36 ans ? Peut-être pas. Alors, profitons de ses matches, de ses victoires, de ses paroles. Après lui, le tournoi de Roland-Garros sera sans doute plus indécis. Mais peut être aussi plus insipide.

La liberté

La liberté : un mot, une devise, un droit.

Il parait qu’elle s’arrête où commence celle des autres. Elle s’arrête surtout là où chacun le souhaite. La société impose des règles, des devoirs, des normes. Il faut faire comme ci, penser comme ça. Dès l’enfance. Bien sûr, chacun ne peut pas faire ce qu’il veut sans impunité. Cependant, il est fortement conseillé de rentrer dans des cases : à l’école, puis au travail, sous peine d’être jugé, voire rejeté.

Moi même, longtemps, j’ai respecté ce schéma. Être gentil, sourire aux voisins, faire plaisir à mes professeurs, rechercher la fierté de ma famille. Vous avez vu, j’ai eu une bonne note. Vous avez vu, j’ai passé la tondeuse. Vous avez vu, j’ai eu une mention au baccalauréat. Vous avez vu, j’ai un CDI. L’enfant modèle, qui devient un adulte modèle, en apparence.

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A force de suivre cette ligne droite, on n’y voit plus si clair. Comme sur l’autoroute, au bout de plusieurs heures, avec le régulateur de vitesse bloqué à 130. On somnole, on s’interroge. Ai-je vraiment envie d’arriver à destination à l’heure ? Et si je prenais plutôt des routes secondaires ?

Car, au fond, la réussite professionnelle et familiale, la situation sociale, est-ce le plus important ? Pour beaucoup, oui, sans doute. Et s’il en découle du bonheur, tant mieux. Le CDI, le mariage, la maison pavillonnaire, les deux enfants, le chien, les locations de vacances entre amis… Allez-y, servez-vous.

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Seulement, on peut aussi aspirer à autre chose. Sortir des cases. Prendre des risques, échouer, se relever, voyager, rencontrer, s’amuser, dépenser, s’inquiéter, s’isoler… Parfois blanc, parfois noir, souvent gris : la vie. On n’en a qu’une, elle passe vite, peut s’arrêter du jour au lendemain. Celle des autres, la vôtre, la mienne. Alors, autant rechercher son propre paradis sur terre. Ne pas rêver sa vie, mais vivre ses rêves. Facile à asséner, plus compliqué à appliquer, pour moi le premier.

Et ce qu’en pensent vos « proches »? Ceux qui vous aiment, comprennent toujours. Les autres, qu’importe. Car l’enfer, c’est les autres.

Perché l’Italia ?

Une explication liminaire s’impose. Oui, pourquoi cet attachement à l’Italie, qui sera prégnant lors des prochains articles ? Des origines étrangères ne suffisent pas à faire naître un sentiment d’appartenance. C’est un début, comme passer ses étés chez des grands parents fiers de leurs origines, toujours intéressés par l’actualité de l’autre côté des Alpes, à écouter de la musique italienne, à cuisiner à l’italiana (ah les gnocchi maison, les pâtes du dimanche, les gâteaux…), à soutenir les équipes en Azzurra lors des évènements sportifs. Et quand, en plus, ils vous aiment comme des grands parents italiens (comme si vous étiez merveilleux, à vous gâter d’attention), « l’italianité » s’installe.

Surtout que votre mère, élevée dans cette atmosphère, est una vera « mamma italiana », très présente (mais respectueuse de l’intimité) et trop aimante, à se sacrifier pour vous chaque seconde, à croire que vous pouvez tout réussir. Un amour qui fait déplacer des montagnes, même aussi majestueuses que les Alpes. Du coup, on se surprend à réussir ce que l’on pensait inaccessible, pour elle, grâce à elle.

Donc on s’intéresse au Bel Paese, on est heureux lors de la finale de la Coupe du monde 2006 (si, si, même de la provocation de Materazzi). Et puis, quand on commence à gagner de l’agent, on offre un voyage à sa mamma sur les traces de ses origines. L’acte fondateur de l’homme que je suis. 7 jours à Rome. Mes meilleures vacances. Les siennes aussi, j’espère. On a recommencé, découvrant plusieurs régions. Des moments magiques, uniques. Solo lei, me e l’Italia.

Perché mamma

En ce jour de la fête des mères (en France. En Italie, c’était le 13 mai cette année), les souvenirs remontent. Le manque aussi. Ces derniers mois, j’ai continué à voyager en Italie. Une thérapie, un échappatoire, de la nostalgie… un peu de tout ça. J’y suis allé beaucoup (trop, pense la majorité de mon entourage), passionnément, car j’aime ce pays à la folie.

  • Ses habitants, parfois exubérants, déconcertants (notamment politiquement), mais tellement accueillants et souriants.
  • Sa langue, si chantante, que je ne désespère pas de maîtriser à l’oral.
  • Ses paysages, si majestueux avec un héritage historique incroyable.
  • Sa nourriture, si riche et diversifiée (il n’y a pas que la pasta et la pizza, je vous en reparlerai).
  • Son calcio, si passionné et passionnant. La seconde religion dans ce pays si croyant et aux églises magnifiques.

Alors, certes, j’ai un passeport français, je parle français, je travaille en France, mais ma tête est en Italie et mon sang est azzurro.

Italia, ti amo