Mon syndrome de Stendhal

Ne jamais banaliser l’extraordinaire. Et ne jamais se contenter de l’ordinaire. Cette dualité m’a porté sur un fil jusqu’à ce 13 février. Énième séjour à Milan. Je ne les compte plus. Pas parce que c’est devenu normal, banal. Plutôt parce que je ne considère plus ces respirations milanaises comme des vacances, plutôt comme une partie de ma vie. Une autre vie, même. De l’extraordinaire dans l’ordinaire. Revenons à ce doux jeudi hivernal baigné par le soleil (car Milan n’est pas toujours dans le brouillard). Caffè devant le Bosco Verticale, lecture au Parco Sempione, déjeuner agréable avec une milanaise, découverte de l’Università cattolica del sacro cuore, recueillement à la basilica Sant’Ambrigio, passage par la piazza Duomo, mostra alla gallerie d’Italia, l’opera Romeo et Juliette au teatro alla Scala et Brera de nuit en rentrant.

Une journée intense, heureuse. Pourtant, je n’arrivais pas à trouver le sommeil. Le lendemain matin j’ai dû m’y résoudre, je souffre du syndrome de Stendhal.

“J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de la Scala, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.“

Citation issue de Rome, Naples, Florence, avec une mise à jour personnelle.

La frontière entre bonheur et malheur est parfois fine, poreuse. Elle est surtout personnelle. Objectivement, j’ai tout pour être heureux. Le temps passe, les blessures cicatrisent. Seulement, deux personnes le savent, depuis le début de l’année, je suis sur un fil. Les alertes sont toujours plus fortes. Pour la première fois, j’ai peur pour moi.  Je pondère chaque décision, m’économise à chaque occasion. Je me sens affaibli au moment où je devrais tout croquer et en profiter. Pourquoi maintenant? Fatigue physique? Usure mentale? Un contrecoup de trois années à lutter ? Je cherche la raison, envisage les conséquences. Je suis arrivé sans m’en rendre compte jusqu’à une situation inespérée à mon âge, qui faisait rêver l’adolescent qui lisait les journaux dans le coin du tabac-presse de sa mère. Une situation désormais à risque.

Je ne vois pas le bouton pause, conscient que la vie ne nous attend pas. Perfectionniste, j’ai appris que personne n’était irremplaçable. Alors, je ne sais pas, je ne sais plus. Prendre le risque de perdre ce confort de vie pour ne pas tomber? Continuer à avancer au risque de tout perdre? Ou juste succomber à ce syndrome de Stendhal et accepter une autre vie ?

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