Mon premier derby della Capitale, une soirée céleste

Le derby della Madonnina, le derby della Lanterna, le derby della Mole… L’Italie a ce charme qui manque au football français, des vrais oppositions entre deux clubs d’une même ville, qui se partagent souvent le même stade (sauf à Turin).

Dans ce jeu des suprématies locales, un match sort du lot dans le Bel Paese, le derby della Capitale. Plutôt bon esprit, malgré des tensions, à Milan, Gênes et Turin, la confrontation est bouillante à Rome. L’antagonisme entre les deux sociétés est plus marqué. On ne prononce pas le nom de l’autre, même au sein de la communication… La Lazio utilisant le hashtag #LaPrimaSquadraDellaCapitale, rappelant sa création dès 1900 contre 1927 pour l’AS Roma. Mais les Giallorossi menaient 54-37 dans l’historique en championnat (58 nuls).

Match classé à haut risque, marqué par de nombreux débordements entre tifosi, au point d’avoir été privé de programmation en soirée pendant quelques années (de 2013 à 2017 récemment).

Quel clasico?

Ce 150e derby della Capitale en Serie A avait bien lieu à 20h30, en conclusion d’un joli samedi ensoleillé. Si je connais l’Olimpico, aussi bien en configuration Lazio que Roma, je n’ai jamais vécu le « derby der Cupolone » (autre appellation).

Mon calendrier personnel m’offrait la possibilité de passer ce samedi à Madrid pour découvrir le Clasico ou à Rome pour un premier derby della Capitale. Un choix vite fait pour le tifoso de Calcio que je suis.

Alors, après une promenade en passant par mes endroits préférés, loin des touristes venus passés un week-end à Rome, je prenais le metro, puis le tram. Descente à Mancini.

Choisir son camp

Plus d’une heure trente avant le coup d’envoi, l’atmosphère est tendue à l’extérieur du stade. Les forces de l’ordre sont partout. Les tifosi des deux équipes ont leurs bars, leurs paninerie, leurs boutiques. À Milan, on peut acheter des écharpes ou des (faux) maillots des deux équipes au même stand aux abords de San Siro. Pas à Rome, il faut choisir ses couleurs.

Je reste neutre, sans signe d’appartenance et me faufile entre les chants, les pétards qui explosent. Je choisi una porchetta dans un fief Laziale, mon cœur est 51-49 pour les biancocelesti, je le reconnais. Si des débordements, notamment racistes, touchent parfois ce club, je ne fais pas de généralité. C’est une minorité, qui ternit l’image d’ensemble. Tous les clubs, en Italie et ailleurs, ont leurs démons parmi les « supporters ». J’aime la ferveur des Laziali, leurs chants, l’aigle qui tourne dans le ciel avant de venir se poser au milieu de la pelouse et leurs couleurs qui permettent souvent de proposer de beaux maillots.

La sécurité ne fait pas de zèle. La fouille est moins poussée que pour un derby della Madonnina. Je suis en Monte Mario, un secteur plutôt « calme ». Il y a même deux Romanisti deux rangés plus bas. Ils n’ont pas d’écharpe, mais leur comportement les « trahit ».

L’Olimpico n’est pas plein. La billetterie pour Tevere et Distinti Sud n’a pas été entièrement ouverte. Secteurs réservés, vente sous conditions (cartes de fidélité, pas sur Internet pour certains secteurs), tarifs… Le derby di Roma rassemble 50 000 personnes en ce 2 mars. Une bonne affluence dans l’histoire récente mais loin des « grands derbys ».

Qu’importe, les deux Curve mettent l’ambiance. Chants, insultes, petites banderoles. Mais pas de chorégraphie comme à Milan par exemple où les tifosi travaillent durant des semaines, des mois, à un tifo original pour afficher son orgueil et « chambrer » le cousin.

Un Olimpico en délire

La Roma, 5e et vainqueur à l’aller, se déplace donc chez la Lazio, 6e. Un parfum de lutte pour la Champions League flotte dans l’air. Un simple additif à la suprématie sur la ville, remise en jeu à chaque derby. La rencontre est agréable. La Lazio mérite d’ouvrir le score, avant de davantage subir en seconde période.

La délivrance est arrivée par Immobile, diminué mais entré pour apporter sa détermination. Un but dédié à son épouse qui attend un heureux événement. Puis l’explosion sur le but de Cataldi, également lancé en seconde période par Simone Inzaghi.

Le Mister de la Lazio est un spectacle à lui tout seul. Placé presque derrière sa zone technique, j’ai pu le voir bondir, haranguer ses joueurs, les féliciter, leur parler, les toucher, les congratuler à leur sortie. Il transpire la passion.

Victoire sans appel. 3-0, la seconde fois de l’histoire du derby en Serie A qu’une telle différence est en faveur de la Lazio après 2006 (déjà 3-0). Les joueurs fêtent ce succès devant la Curva. La liesse dure plusieurs minutes.

Un pur délire. Vingt minutes après le coup de sifflet final, les tifosi laziali sont toujours « freed from desire » dans un Olimpico qui est tout à eux. La sécurité essaye avec le sourire d’évacuer les tribunes. Mais la seule réponse est Nanana Nanana. Une belle conclusion pour une soirée de Gala…

Pazzia e bellezza

Lorsque je sors du stadio Olimpico, il est presque 23 heures. Les Romanisti se font rares. Certains sont en train de manger un panino, de boire une bière, le regard dans le vide, les mots manquent.

Au contraire, la fête s’est poursuivie dans la città eterna jusqu’au bout de la nuit pour les biancocelesti. Un pur bonheur, tra pazzia e bellezza. Qu’importe la fin de la saison, le classement final, la ville est à eux pour quelques mois. Une città celesta. Et mon cœur de Romain épisodique est un peu plus biancoceleste après cette soirée qui « restera dans l’histoire de la Lazio » dixit Simone Inzaghi.

Un baptême réussi. Je suis converti à la religion derby della capitale. Amen.

  • Une vidéo résumant ma soirée à l’Olimpico.

La fête des tifosi à Ponte Milvio (vidéo di site La Lazio siamo noi) : lien ci-dessous.

https://www.dailymotion.com/video/x73f93t

En bonus, le tube de Gala et un des hymnes des supporters de la Lazio, freed from desire, que j’ai dans la tête et dans les oreilles dans le train alors que j’écris ces lignes.

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