Perché l’Inter ?

En France, l’étiquette de « footix » est collée dès que l’on se dit supporter de plusieurs équipes ou d’un club de football étranger. Certes, la culture foot en France est très en deça des pays voisins. On change de couleurs en fonction des dominations (Lyonnais dans les années 2000, Parisiens désormais), on supporte le Barça parce qu’il y a Messi… Et, effectivement, croiser une personne avec le bas de survêtement de Manchester United et le haut du Real Madrid, par exemple, est assez exaspérant. Même si, bien entendu, chacun est libre. Et que je suis mal placé puisque je soutiens le FC Internazionale Milano.

Alors, avant un procès en footixerie (que j’accepte), je tiens justement à démontrer que le critère géographique n’est pas toujours prioritaire dans l’attachement. Pour une équipe sportive comme pour une personne, d’ailleurs. On n’aime pas forcément ses voisins alors qu’on peut avoir des amis à l’autre bout du monde, que l’on voit rarement.

Un maillot

Donc, perché l’Inter? Je ne vais pas revenir sur mon attachement familial et sentimental à l’Italie. Ma grand mère m’a offert un maillot nerazzurro lorsque j’avais 5 ans. Mon premier maillot de football d’un club. Un choix dicté par le hasard (ou le destin, peut-être). Elle avait demandé au vendeur le maillot d’un club italien, elle l’a trouvé beau avec les rayures bleues et noires ; l’Inter est alors entré dans ma vie. Et un lien s’est créé. J’ai commencé à suivre les résultats tout en usant ce maillot à m’imaginer footballeur professionnel (Ah, les rêves d’enfance).

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Pendant mon adolescence, par la proximité, j’ai surtout fréquenté le stade Chaban-Delmas (ex parc Lescure) de Bordeaux, alors l’Inter était au second plan. Mon jardin secret, toujours dans un coin de mon coeur, bien au chaud. A m’extasier des exploits de Ronaldo, à fulminer devant les succès du rival, l’AC Milan. Et puis les Nerazzurri ont eu leur période faste, aidé par le Calciopoli qui a notamment fait tomber la Juve en Serie B. 5 scudetti de suite et une saison historique en 2009-2010 ponctuée par le Triplete (Serie A, Coppa Italia et Champions League) qu’aucune autre formation italienne n’a jamais réalisé. Bref, des hauts, des bas, des frustrations (c’est dans l’ADN de ce club).

Une histoire

L’Inter, c’est aussi une histoire. Fondé en 1908 par des dissidents du club de Milan (ancêtre de l’ACM) pour permettre aux étrangers de jouer, ce qui leur était refusé. Une période difficile sous le fascisme – le club n’ayant pas les faveurs du pouvoir – et un changement de nom (Ambrosiana en hommage à Sant’Ambrogio, le saint patron de Milan) de 1928 à 1945.

La révolution Herrera (avec deux Coupes des clubs champions en 1964 et 1965), et un trio de joueurs défensifs ayant marqué les époques : Facchetti, Bergomi, Zanetti. Et la famille Moratti à la présidence dans les périodes fastes : Angelo de 1955 à 1968 puis son fils Massimo (1995 à 2013). Désormais sous pavillon chinois (comme l’AC Milan), l’Inter est en reconstruction. Ce qui n’empêche pas d’avoir la meilleure affluence en Serie A, le championnat italien.

Un stade

L’Inter, c’est aussi un stade, partagé avec l’AC Milan : le mythique San Siro (ou Giuseppe Meazza, son nom depuis 1980 en hommage à l’ancien attaquant). D’ailleurs, mon affection pour ce club s’est accélérée en 2015. Premier match à Meazza. Le stade, un joyau, l’ambiance, un spectacle. Son surnom de la Scala del calcio n’est pas usurpé. Je suis réellement devenu tifoso!

Depuis, j’y ai pris mes habitudes, vivant même le derby de la Madonnina à deux reprises lors de la saison qui s’est achevée. J’ai poussé la passion à aller encourager l’Inter lors de son dernier match à Rome, face à la Lazio, décisif pour la qualification en Champions League. Une folle soirée, dans la lignée de ce club, surnommé Pazza Inter, folle Inter (et son hymne Amala, pazza Inter, qui me donne des frissons avant chaque match).

Je revendique donc le droit d’être supporteur exclusivement de ce club, même si je suis souvent à 1000 km de Milan (mais à seulement 1h40 d’avion). Chacun ses passions, ses contradictions, ses amours. Allora, per me, c’è solo Inter.

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